Le marché des connaissances au collège : mes élèves passent commande !

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Pour comprendre l’utilité, et même le caractère indispensable du marché de connaissances au collège, mettons-nous en situation : nous voici en cycle 4, plus exactement en classe de français en 4è.

Contexte : Suite à une évaluation, qui peut être diagnostique, formative, ou même sommative, des difficultés et des besoins individuels sont apparus, qu’il convient de résoudre avant de passer à la suite.

Ainsi, la compétence de langue O.D.L.3/ concernant les accords du participe passé en 4è offre une grande variété de difficultés :

  • identifier les participes passés,
  • trouver la forme de base du participe passé (c’est-à-dire au masculin singulier),
  • accorder un participe passé employé comme adjectif,
  • accorder un participe passé employé avec l’auxiliaire être,
  • accorder un participe passé employé avec l’auxiliaire avoir,
  • accorder un participe passé employé avec l’auxiliaire avoir, mais avec C.O.D. inversé,
  • reconnaitre un C.O.D.,
  • reconnaitre un pronom employé comme C.O.D.,
  • reconnaitre un auxiliaire,
  • sans parler de ceux qui maitrisent déjà bien tout cela et qui peuvent aisément aborder des accords encore plus complexes, comme ceux des verbes pronominaux…

Pour un seul point de langue étudié, on découvre ici combien les besoins individuels de remédiation peuvent être variés. Alors, comment permettre à chaque élève d’utiliser le plus efficacement possible le temps de classe et de disponibilité de l’enseignante pour l’accompagner ?

C’est ce que permet le marché de connaissances, que j’ai mis en place cette année, pour l’instant seulement en 4è, et que les élèves plébiscitent déjà (beaucoup) !

Méthode :

  1. Avant le marché de connaissances :
    • Grâce aux commentaires développés et précis de l’enseignante sur l’évaluation, chaque élève formule, avec ses mots, ses points de force et les aspects qu’il faut retravailler pour progresser. Il doit donc identifier, le plus précisément possible, ses besoins. Il doit impérativement expliciter son auto-évaluation.
    • L’enseignante formule plusieurs de ces besoins, et par la main levée, les élèves se positionnent sur un ou plusieurs d’entre eux.
    • L’enseignante redonne alors à chaque élève la pleine responsabilité de son parcours d’apprentissage en posant cette question inhabituelle : de quoi avez-vous besoin ? Que vous faudrait-il pour résoudre cette difficulté ?
    • Ils passent alors commande ! Ils verbalisent ce dont ils ont besoin, qui revient, jusqu’ici, essentiellement à cette demande : des tas d’exercices supplémentaires, avec leur corrigé à côté. Certains me demandent aussi de pouvoir en discuter avec un pair expert, ou bien de pouvoir consulter une capsule vidéo supplémentaire que j’expliciterai en plus, avant de faire les tas d’exercices en plus. On le voit, leur demande est simple et très … traditionnelle !
    • Durant l’étape suivante, l’enseignante se bat pour trouver au plus vite des tas d’exercices sur tous les points de besoin, ainsi que les corrigés, le tout en respectant les droits d’usage des manuels utilisés, et sans faire appel à ceux exploités en classe. Un vrai défi ! Pour me constituer un support de base sans souci de droits d’usage, j’ai donc obtenu de mon établissement l’achat d’une quinzaine d’exemplaires d’un nouveau manuel, spécifiquement de grammaire cycle 4, qui propose l’avantage de marquer par couleurs trois niveaux d’approfondissement dans les exercices. Je photocopie un certain nombre des corrigés du livre du professeur, que je mets à disposition des élèves.
    • Les élèves volontaires, nombreux, arrivent en avance en classe pour modifier l’agencement : nous réorganisons les tables pour créer plusieurs espaces de travail avec des chaises. Aux cinq espaces de départ ont succédé six espaces, car les élèves ont manifesté leur désir d’un espace supplémentaire indispensable pour des activités d’approfondissement plus poussées encore que celles initialement proposées.  Chaque espace est spécialement dédié à une remédiation ou à un approfondissement spécifique. Nous disposons donc pour chacun tout le matériel approprié : les nombreux exercices de toute nature, avec les corrigés correspondant en libre accès. Sont également toujours disponibles plusieurs versions différentes de la leçon (plusieurs versions rédigées, ainsi qu’une carte mentale et notre fiche Anki de cours), afin que chacun puisse se référer à celle qui répond le plus à ses questions.
  2. Pendant le marché de connaissances :
    • Chaque élève choisit librement tout :
      • le pôle autour duquel il s’assoit ;
      • les exercices qu’il veut faire et combien,
      • quand il les corrige,
      • quand il quitte ce pôle pour en rejoindre un autre qui devient alors plus pertinent selon lui désormais.
    • Pendant tout ce temps, l’enseignante est accompagnante, pleinement disponible pour aider, expliquer, dénouer, rassurer et féliciter les élèves qui en expriment le besoin.
      • L’avantage le plus évident est que ceux qui en ont vraiment besoin, ceux qui ont les difficultés les plus ancrées, bénéficient d’une aide vraiment individualisée bien plus importante de l’enseignante qu’en temps ordinaire. Et tout est dénoué dès que la difficulté apparait, de sorte qu’elle se dénoue plus facilement.
    • Tous les élèves, pourvu qu’ils chuchotent, peuvent demander l’aide d’un pair expert s’ils le souhaitent.
    • Les élèves à l’aise avec la notion ont bien sûr accès au pôle d’approfondissement de cette notion par des exercices, mais de plus en plus également par des sujets de productions qui sont proposés au choix, et qui seront corrigés par l’enseignante ensuite.
  3. Après le marché de connaissances :
    • Nous dressons ensemble le bilan pour améliorer le dispositif la fois suivante :
      • les outils étaient-ils assez nombreux ?
      • Les corrigés ont-ils aidé ?
      • Les exercices étaient-ils assez variés pour résoudre la difficulté ?
      • Étaient-ils adaptés aux difficultés ?
      • D’autres outils auraient-ils été souhaitables ?
      • Quels éventuels problèmes ont-ils rencontrés ?
      • Quelles solutions pourrions-nous trouver pour la prochaine fois ?
      • Ce travail a-t-il été constructif ?
      • Reste-t-il des difficultés à reprendre ?
      • Ont-ils de propositions d’amélioration pour la prochaine fois ?

Et ils en ont, des propositions ! Et elles sont variées ! Et pertinentes ! Et enthousiastes !

Et d’ailleurs, quand recommence-t-on, parce que d’accord, on vient de clarifier les accords du participe passé, mais justement, le passé simple m’a toujours posé problème à moi, alors, le marché des connaissances serait idéal pour régler ça ! Et puis ce mot qui nous pose toujours problème « tout », on pourrait bien le voir aussi, comme on vient de le faire avec « leur », c’est tellement plus clair maintenant ! Hein, Madame, quand est-ce qu’on recommence ?

Très vite, très vite, dès que j’aurai réussi à trouver des tas d’exercices avec leurs corrigés, le tout en respectant les droits d’usage et avec des niveaux d’approfondissement différents ! Oui, oui, je me dépêche…

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