Un trésor pour faciliter la mémorisation !

Vous cherchez un moyen facile et  efficace de faciliter la mémorisation des connaissances par les élèves, de manière durable et équitable ?

Après l’avoir cherché aussi, je l’ai désormais trouvé,

et mes élèves et moi l’utilisons tous les jours !

Attention : révélation !

 

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Contexte

Pour construire et développer des compétences, la première étape, indispensable, incontournable, essentielle, est l’acquisition de savoirs, de connaissances.

Bloom le met bien en valeur dans sa taxonomie des activités mentales :

  1. connaitre,
  2. comprendre,
  3. appliquer,
  4. analyser,
  5. synthétiser,
  6. évaluer.

L’enseignant peut bien proposer une palette inventive, créative et variée de dispositifs pour mettre les élèves en activité, afin que ceux-ci puissent construire ou approfondir leurs compétences, n’en demeure pas moins que fixer les connaissances constitue bien le premier palier de la construction des apprentissages. Sans lui, les fondations sont instables. Faciliter cette appropriation des savoirs doit donc être un objectif constant pour l’enseignant.

Or, comme il parait ingrat ce processus, perçu comme rébarbatif, comme un rabâchage mécanique ! Et injuste aussi : d’abord dans l’autonomie de l’apprenant qu’il exige, car on l’oublie trop souvent, tout le monde ne nait pas doté de la capacité spontanée et naturelle de mémoriser une leçon avec efficacité. Apprendre doit s’apprendre. Injuste aussi parce que source d’inégalité : chaque élève ne dispose pas à tout moment d’une personne bienveillante et disponible pour le faire réciter, vérifier que tout est retenu ou identifier ce qu’il faut revoir.

« Apprendre sa leçon » semble d’autant plus contrariant que souvent, malgré les efforts fournis pour connaitre le cours le jour de l’évaluation, on constate qu’il ne reste presque plus rien de tout ce temps et de toute cette énergie dépensés, seulement quelques semaines après ! C’est démoralisant ! Et inefficace !

Que faire, donc, pour permettre à l’élève d’apprendre de manière plus efficace, durable, autonome et équitable ? L’objectif, formulé ainsi, parait presque inatteignable à l’enseignant démuni face aux stratégies à mettre en oeuvre pour y parvenir, alors même que chacun considère spontanément que c’est le minimum exigible de l’élève…

Heureusement, les sciences cognitives (neurosciences appliquées à l’enseignement, psychologie cognitive…) apportent de précieux renseignements aux enseignants pour développer une stratégie qui se révèle extrêmement efficace. Je vous renvoie à l’article suivant (et même au site sciencescognitives.fr, passionnant) pour mieux comprendre ces apports scientifiques – et de bon sens !

Article sur la mémorisation active

Article sur la consolidation mnésique

Éléments essentiels du système de mémorisation active

Pour parvenir à mon objectif, il s’agissait pour moi de remplacer chaque point que je considérais comme négatif ou inefficace par une meilleure solution.

  • renoncer à une leçon trop rédigée, car elle ne met pas assez en exergue les éléments essentiels à retenir, et ne favorise la mémorisation que des élèves dont l’intelligence linguistique est déjà développée ;
    • J’ai donc choisi la forme de la fiche de mémorisation active, dont le format question-réponse met en évidence l’essentiel.
  • En finir avec le rabâchage mécanique passif et rendre inutile la présence d’une autre personne pour faire réciter.
    • Avec la fiche de mémorisation active, construite en deux colonnes, le problème est réglé. Chaque apprenant devient absolument autonome et actif, à la fois pour mémoriser et pour vérifier qu’il a tout retenu. En effet, la fiche est construite en deux colonnes, une pour les questions et l’autre pour les réponses. Il reste simplement à plier la feuille le long de la ligne de séparation des colonnes. Ainsi, l’élève accède d’abord à la question, qu’il se pose pour chercher, de manière active et volontaire, la réponse, et ne retourne la feuille que lorsqu’il est prêt pour vérifier la réponse exacte et renforcer la fixation de la connaissance à retenir. Il peut procéder ainsi autant de fois qu’il en a besoin, sans dépendre de personne, et il identifie immédiatement les savoirs encore incertains, puisqu’il voit bien quelles réponses il est encore incapable de formuler.

Exemple d’une fiche de mémorisation active de lexique : synonymes et antonymes

  • Ne pas commettre l’erreur qui consiste à proposer une évaluation qui n’est pas cohérente avec le travail mené en classe : ici, l’activité mentale travaillée est la connaissance. Il faut par conséquent que l’outil d’évaluation questionne ce point, les savoirs. Il ne faut donc pas demander des mises en application dans des exercices par exemple, car c’est une autre activité mentale.
    • Je veux savoir si l’élève sait. Je vais donc au plus simple pour une évaluation cohérente : QCM ou questions brèves, qui interrogent seulement les connaissances travaillées. 
  • Cesser de céder à une facilité irresponsable : croire qu’un cours travaillé à un moment de l’année est su, une fois pour toutes.
    • Je m’appuie sur le temps, la répétition dans le temps plus exactement, pour consolider la mémoire : les neurosciences préconisent l’apprentissage expansé, avec reprises des connaissances régulièrement, en augmentant peu à peu les écarts entre les révisions. C’est donc ce que je fais.
      1. Les révisions : Dès que nous avons un moment disponible, par exemple quelques minutes à la fin d’une séance, nous revoyons les savoirs. Je peux poser les questions moi-même, mais je préfère (avec une roulette, comme celle d’iDoceo par exemple, qui favorise le hasard) que chaque élève questionne les autres en recherchant dans sa mémoire une question dont il a bien retenu la réponse. La reprise est ainsi doublement active.
      2. Les évaluations : A chaque rentrée de vacances, durant l’année scolaire, une évaluation de connaissances est prévue, sur toutes les fiches de mémorisation active étudiées au fil de l’année. Ainsi, tout est revu au pire tous les deux mois. C’est pour moi un moyen infaillible de vérifier où en est chaque élève, individuellement, dans la fixation à la fois durable et précise de tous les apprentissages. Pour être certaine que tous ont accès à toutes les fiches, je mets à chaque fois à leur disposition un padlet qui contient, par compétence, toutes les fiches étudiées depuis septembre. Le plus simple est de les insérer dans le padlet au fur et à mesure de nos apprentissages, pour n’en oublier aucun. J’indique sur EcoleDirecte le lien URL de ce padlet, auquel chacun se réfère.

Exemple d’une évaluation de connaissances de 5ème en janvier

On comprend bien, rien qu’avec ces éléments de base, combien la mémorisation est optimisée par rapport à la méthode rédigée traditionnelle.

Mais on peut encore améliorer, de manière spectaculairement efficace, ce fonctionnement de départ.

Niveau 2 du fonctionnement du système de mémorisation active

Voici le plus intéressant : faire de la fiche de mémorisation active, en plus d’un outil très fonctionnel de mémorisation de la leçon, un outil redoutablement efficace de développement des compétences ! Voici comment je procède.

  • Dans les premières semaines, je distribue simplement les fiches, comme une synthèse à la fin des cours, le temps que les élèves apprennent à s’en saisir de manière efficace au quotidien et que l’utilité de l’outil leur apparaisse de manière évidente dès la première évaluation de connaissances.
    • En parallèle, je travaille avec eux, rapidement, un point de langue indispensable pour la suite : les types de phrases, avec un renforcement particulier sur la formulation des phrases interrogatives selon les trois niveaux de langue, familier, courant et soutenu. Ils ont d’ailleurs une fiche de mémorisation active sur ce sujet, que voici :

Fiche de mémorisation active sur les types de phrases

  • Dans un second temps, on peut envisager plusieurs modalités pour permettre l’appropriation de la méthode de construction d’une fiche mémorisation active :
    • L’enseignant propose – au moment de la formulation des objectifs par exemple, pour faire apparaitre ce que les élèves devront savoir à la fin du travail – la fiche à moitié complétée  : seules les questions sont formulées, et les élèves, après la manipulation des notions, doivent en groupes réussir à formuler des phrases-réponses déclaratives explicites. Cette version est particulièrement utile pour faciliter l’appropriation de la notion. Il suffit à l’enseignant ensuite de proposer une version finale commune pour la mémorisation durable.
      • Option possible : cette fiche partielle peut servir très efficacement d’évaluation diagnostique. En effet, proposée au groupe classe ou à chaque élève en début de séquence, elle peut permettre d’éclairer le degré de maitrise de la notion de chacun avant de la travailler ensemble.
      • On peut aussi l’utiliser comme première évaluation formative de connaissance : après la construction de la fiche par le groupe, on propose la même fiche partielle, que chacun doit compléter. Apparaissent de manière évidente les lacunes. Une rétroaction rapide de l’enseignant permettra de renforcer la fixation de ces points incertains.
      • A la fin de la séquence, comparer la première version diagnostique, très incomplète, à celle du groupe, ou à l’individuelle, rendra visibles les connaissances acquises par chacun grâce au travail fourni. C’est une façon très valorisante de révéler ce qui reste habituellement peu perceptible aux élèves, la quantité de leurs savoirs.
    • Un travail sur l’acquisition de la syntaxe et sur l’explicitation de l’élément questionné peut-être fait en proposant seulement la colonne des réponses. tâche est confiée aux élèves, en groupes, de formuler de manière soutenue des phrases interrogatives correspondant. Contrairement à ce que l’on peut croire, c’est extrêmement difficile à faire ! Les élèves ne sont pas trop de plusieurs pour parvenir à formuler des questions adaptées. Il faudra d’ailleurs en limiter le nombre, à trois ou quatre, tant les opérations mentales sont complexes.
  • Enfin, dans un troisième temps, on peut mettre les élèves en situation de construire entièrement leurs fiches de mémorisation active, à partir d’une fiche-type entièrement vide !

Fiche-type de mémorisation active que les élèves doivent construire

Dans cette troisième utilisation possible, deux dispositifs sont envisageables :

  • Après la mise en activité sur la notion, dès lors comprise, le groupe peut formuler des questions-réponses de synthèse.
  • On peut aussi utiliser cette étape comme tâche complexe. C’est ce que je fais de manière régulière, tant c’est efficace :
    1. On fournit des documents sur la notion à acquérir, mais pas encore vraiment étudiée (ou simplement questionnée en évaluation diagnostique).
    2. Le groupe doit à la fois découvrir la notion, travailler sur les documents pour faire apparaitre les points essentiels à retenir, comprendre le tout, en s’expliquant éventuellement les uns aux autres les points difficiles ou en demandant de l’aide à l’enseignant, et enfin rédiger la synthèse sous forme de questions-réponses !
    3. Une fois le propre mis en forme, l’orateur de chaque groupe peut formuler deux ou trois questions et réponses obtenues, en laissant aux auditeurs le temps d’essayer de trouver la réponse. La répétition éventuelle des mêmes contenus n’est non seulement pas un problème, mais même un avantage, puisque les élèves, par cette répétition, ancrent mieux leur mémorisation.
    4. Enfin, l’enseignant n’a plus qu’à proposer sa propre version (on remarquera que je dis bien sa version, et non la bonne version, car il est important que chacun comprenne que plusieurs façons de présenter les notions sont acceptables) qui sert de version finale commune. Ce travail à la fois complexe et extrêmement enrichissant implique plusieurs compétences :
      • O.3/ (échanges oraux constructifs) puisqu’ils doivent négocier pour parvenir à une version commune satisfaisante ;
      • L.1/ (lecture autonome) : travailler un texte documentaire de manière autonome et faire émerger, en surlignant par exemple, ou en prenant des notes, les informations principales, leur permet de construire une compétence indispensable à la suite de leur parcours scolaire et professionnel ;
      • E.1/ (écrire pour apprendre) : ils doivent utiliser un brouillon à améliorer progressivement avant la mise en forme finale ;
      • E.2/ (adopter des stratégies d’écriture efficaces) : Formuler des questions-réponses explicites, bien formulées, et à l’orthographe maitrisée est un exercice constructif sur ce point. Je les invite d’ailleurs à utiliser tous les outils disponibles (dictionnaire, dictionnaire des synonymes, Bescherelle, manuel, cahier d’exercices…)
      • O.D.L.2/ (maitriser la syntaxe de la phrase) : savoir rédiger une phrase interrogative en langue soutenu, avec inversion du sujet et du verbe, par exemple, est tout un apprentissage en soi ;
      • Et enfin, la compétence de la notion étudiée.
      • Sans oublier, bien sûr, la compétence E.M.C.5/ pour la prise de responsabilité au sein du groupe (maitres du temps, du son, de la tâche, scribe, orateur).

Voici un exemple corrigé d’une fiche de mémorisation active réalisée selon ce modèle, en groupe :

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L’intérêt de la fiche de mémorisation active est donc double :

  1. Que l »élève soit plus autonome avec un outil efficace d’apprentissage durable ;
  2. Mais surtout qu’il apprenne à construire lui-même cet outil efficace, afin de pouvoir ensuite l’utiliser pour synthétiser tous les savoirs qu’ils souhaite mémoriser facilement et durablement, quel que soit le contexte.

La fiche de mémorisation active,

c’est l’outil idéal pour accéder à l’autonomie dans les apprentissages !

Ne vous en privez pas. Mais attention, l’essayer, c’est l’adopter !

POINT TICE 

On peut renforcer ce système grâce à un outil numérique, le logiciel Anki, qui permet la création de flashcards :

  • La question apparait d’abord pour que l’élève s’interroge,
  • puis il retourne la carte pour vérifier la réponse et évaluer le degré de difficulté, pour lui, de cette question.

L’intérêt d’Anki est de calculer le temps mis pour répondre par l’élève, associé au degré de difficulté autoévalué, afin de proposer plus fréquemment les questions qui posent, individuellement, le plus de difficultés.

On voit à quel point un tel outil, conseillé dans certaines prépas (c’est d’ailleurs un ancien élève, alors en prépa, qui m’en parlé !), peut se révéler constructif et efficace pour consolider la mémorisation !

2 commentaires

  1. […] Un trésor pour faciliter la mémorisation ! – Les joies de l'erreur. Vous cherchez un moyen facile et efficace de faciliter la mémorisation des connaissances par les élèves, de manière durable et équitable ? Après l’avoir cherché aussi, je l’ai désormais trouvé, et mes élèves et moi l’utilisons tous les jours ! Attention : révélation ! Contexte Pour construire et développer des compétences, la première étape, indispensable, incontournable, essentielle, est l’acquisition de savoirs, de connaissances. Bloom le met bien en valeur dans sa taxonomie des activités mentales : connaitre,comprendre,appliquer,analyser,synthétiser,évaluer. L’enseignant peut bien proposer une palette inventive, créative et variée de dispositifs pour mettre les élèves en activité, afin que ceux-ci puissent construire ou approfondir leurs compétences, n’en demeure pas moins que fixer les connaissances constitue bien le premier palier de la construction des apprentissages. […]

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  2. […] Un trésor pour faciliter la mémorisation ! – Les joies de l'erreur. Vous cherchez un moyen facile et efficace de faciliter la mémorisation des connaissances par les élèves, de manière durable et équitable ? Après l’avoir cherché aussi, je l’ai désormais trouvé, et mes élèves et moi l’utilisons tous les jours ! Attention : révélation ! Contexte Pour construire et développer des compétences, la première étape, indispensable, incontournable, essentielle, est l’acquisition de savoirs, de connaissances. Bloom le met bien en valeur dans sa taxonomie des activités mentales : connaitre,comprendre,appliquer,analyser,synthétiser,évaluer. L’enseignant peut bien proposer une palette inventive, créative et variée de dispositifs pour mettre les élèves en activité, afin que ceux-ci puissent construire ou approfondir leurs compétences, n’en demeure pas moins que fixer les connaissances constitue bien le premier palier de la construction des apprentissages. […]

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